Tonkatsu et Sushi au Pays du Soleil Levant : suite

6 août : Nous quittons l’île d’Honshū pour l’île de Kyūshū. Kyūshū est la troisième plus grande île du Japon, après Honshū et Hokkaidō (environ 6.000 km² et 13 000 000 d’habitants), son climat est subtropical (on s’en rend vite compte). Honshū serait le berceau de la civilisation japonaise. Notre première étape sur Honshū est Beppu, ville réputée pour ses nombreuses sources thermales et ses onsen. Il existe 2516 sources d’eaux chaudes à Beppu (soit 1/10° des sources d’eaux chaudes japonaises!). Les sources d’eau chaude de Beppu débitent le deuxième plus grand volume d’eau à la seconde dans le monde (après Yellowstone aux Etats Unis). Beppu est considérée comme “la ville la plus géothermique du monde”.

Beppu de nuit sous la pluie

Arrivés à Beppu, nous déposons nos bagages au Beppu Kamenoi Hotel, bel établissement avec de grands onsen séparés hommes et femmes, saunas, vestiaires . nous y passerons 3 nuits et profiterons un max des onsen, où nous devrons aller obligatoirement en « yukata » (kimonos légers de couleurs bleues et blanches) très élégants 😀. Nous partons en reconnaissance comme d’hab, il y a énormément de vent, car Beppu essuie la queue du typhon Noru qui balaie Kyūshū.. Nous on s’en sort bien, il y a eu deux morts et des coulées de boue dans le sud de l’île. Le typhon continue sa route sur Osaka (que nous visiterons plus tard) et va sur Honshū. Retour à l’hôtel et installation dans notre chambre au 17ème étage d’où la vue est superbe sur Beppu, sa baie et les montagnes . Nous dînons au restaurant japonais de l’hôtel, en choisissant un peu au hasard sur la carte des menus des Toriten au poulet ou Tempura : poulet cuit dans une pâte à beignet très fine, passée dans une friture très légère et peu grasse, miam miam et tout ça avec des baguettes!!!. Ce plat « typiquement japonais » a été apporté par les navigateurs portugais au 16ème siècle. Les Toriten sont composés au choix du cuisinier : de légumes, de poulet, de poisson ou fruit de mer. Pour bien clôturer la journée : onsen.

Beppu sous le soleil :

repas japonais :

7 août : Ce matin coiffeur pour Marie : bon en Asie on n’a pas trop le choix pour les couleurs, donc il faut s’adapter. Même si  le résultat est quand même meilleur qu’au Sri-Lanka, ce n’est pas encore celui espéré : ça sent le changement de couleur un de ces jours. Puis nous prenons le train afin de nous rendre à Ōita (préfecture de la région) à 15 minutes de Beppu, une des villes où se déroulera la coupe du monde de rugby 2019. La ville est sympa nous y déambulons et allons voir ce qui reste de son château féodal, retour à Beppu pour ne rien faire. En fait si : onsen (on ne s’en lasse pas).

Ōita :

peinture sur trottoir

Ce qui reste du château :

En cas de tsunami :

vue du train entre Ōita et Beppu :

8 août : Temps splendide, « Daniel météo » l’avait bien vu, il est vraiment balèze!!. Nous partons visiter l’attraction principale de Beppu : les Jigoku ou « Enfers de Beppu ». Ce sont des sources chaudes naturelles très différentes des autres, puisque aménagées pour la visite touristique. Ces Jigoku se trouvent sur la partie haute de la ville de Beppu. Nous y allons en bus. C’est surprenant de voir toutes ces nuages de vapeur blanche qui jaillissent du sol en plein d’endroits. Ici les gens cuisinent sur des fours ou des plaques aménagés directement sur ces jets de vapeur : des œufs, des patates douces, du maïs etc… Nous goûterons la patate douce, un régal.

patate douce miam

les fours

Nous visiterons 7 des 8 Jigoku. Nous avons été très impressionnés par ces merveilles de la nature. Nous nous disons que les gens qui vivent là sont sur un chaudron, c’est un peu comme sur Vulcano dans les îles éoliennes. Dans l’ordre des visites :

Chinoike-Jigoku : Enfer du bassin sanglant. Cette source est vieille de plus de 1300 ans. La température de son eau est de 78°C, elle doit sa couleur rouge aux boues qui la constituent.

Tatsumaki-Jigoku : Enfer de la Tornade. Il s’agit d’un geyser qui apparaît régulièrement toutes les 35 minutes environ. Nous serons abordés par un jeune japonais qui apprend le français depuis 3 ans et avait très envie de discuter. C’était sympa.

Shiraike-Jigoku : Enfer du lac blanc mais qui était plutôt vert (un peu plus chaud que celui dans le massif du Mont Blanc : 88°C).

Oniyama-Jigoku : Enfer de la Montagne du démon, et ses nombreux crocodiles en cages (heureusement).

Kamado-Jigoku : Enfer du four ou du chaudron qui servait de cuisine auparavant. Nous y avons rencontré une jeune japonaise qui parlait très bien français, ayant vécu 4 ans à Cannes. Nous avons goûté (un tout petit peu) de l’eau à 80°C whaouf c’est chaud, il parait que c’est bon pour nettoyer la tuyauterie, franchement nous on préfère la bière japonaise.

Petit enfer rouge au sein du Kamado-Jigoku :

Umi-Jigoku : Enfer de la mer. La couleur bleue de cette source est due à l’explosion du mont Tsurumi il y a 300 ans. Bon on ne s’y baignerait pas, la température de l’eau est de 100°C. Cet « enfer » est intégré dans un magnifique parc avec notamment des nénuphars géants pouvant supporter un enfant jusqu’à 20 kg, mais on n’a pas osé aller dessus ! Nous ne sommes plus des enfants, quoique  😂

pratique pour la cuisson des oeufs

Oniishibōzu-Jigoku : Enfer du Moine-Démon surnommé ainsi car la vase grise  bouillonnante évoquerait la tonsure d’un moine. Là, nous nous sommes arrêtés à un Ashiyu : c’est un bain public où tout le monde peut tremper ses pieds et ses jambes, l’eau y est à environ 30°C c’est très relaxant après une belle journée de balade. Tranquillement en train de « barboter », nous avons discuté avec des Taïwanais qui avaient visité Paris et étaient allés au Mont Saint Michel il y a deux ans. Malgré nos énormes progrès en chinois classique on a préféré échanger en anglais, lol.

Après l’enfer retour au paradis à l’hôtel, pour repos puis un super repas japonais avant l’onsen du soir, espoir.

9 août : départ de Beppu pour Kumamoto qui se trouve dans l’ouest de Kyūshū. C’est la ville la plus peuplée de l’île. Nous voulions voir le château, du moins ce qu’il en reste après les deux terribles tremblements de terre des 14 et 16 avril 2016 (respectivement magnitude 6,5 et 7). Tremblements de terre qui avaient fait 50 morts et plus de 1000 blessés sur l’île de Kyūshū. Le château fermé au public est en cours de rénovation, la réouverture du donjon au public est prévue pour 2019. Mais la durée des travaux pour la rénovation totale est estimée à une vingtaine d’année. Le château de Kumamoto était considéré comme un des trois plus beaux châteaux au Japon, avec celui d’Himeji et celui de Matsumoto. Nous n’avons accès qu’à l’esplanade Ni no maru hiroba derrière le château, au sanctuaire Katō où Daniel a « discuté » avec une mamie japonaise, et où nous avons pu apercevoir une partie de l’office Shinto. Nous nous sommes baladés dans Kumamoto mais il n’y a pas énormément de sites à visiter. Nous nous sommes donc retrouvés  à trainer dans des grandes galeries commerciales couvertes,  c’est assez sympa pour grignoter et passer sa soif eu égard à la température ambiante.

affiche montrant le château avant et après les séismes

les dégâts :

rite shintoïste

Daniel et sa copine

10 août : nous allons en train jusqu’à Kagoshima surnommée « la Naples de l’Orient », au bord de la mer de chine orientale, qui a la réputation de la ville la plus sympathique du Japon. Nous prenons le ferry pour effectuer la traversée jusqu’à la presqu’île où se trouve le volcan Sakurajima : volcan de 13 000 ans très actif (il y aurait + de 1000 petites éruptions par an). En 1914, plus de 3 milliards de tonnes de lave engloutirent de nombreux villages, rattachant Sakurajima à l’île de Kyūshū. Le volcan est couvert de brouillard à son sommet (quand on vous dit qu’on n’a pas de pot avec les montagnes au Japon), mais ce n’est pas grave, nous avons pu voir de beaux panoramas sous le soleil japonnais et monter en bus jusqu’à l’observatoire situé en face du Sakurajima. Retour à Kumamoto dans l’après midi par le Shinkansen et relax max.

Ils sont mignons ces deux-là !

11 août : départ pour Nagasaki. Après installation à l’hôtel, nous partons visiter le « mémorial des 26 martyrs » : il s’agit de catholiques (en grande majorité japonais), qui furent crucifiés en 1597 à l’emplacement actuel du mémorial. Nagasaki est la ville la plus catholique du Japon. La religion catholique représente environ 0,36 % de la population japonaise.

L’église St Philip of Jesus qui se trouve à côté a été construite en 1962 par l’architecte japonais Kenji Imai. Ses deux tours représentent la communion entre Dieu et le peuple.

Puis balade jusqu’au « Cocowalk » grand centre commercial très fréquenté où se trouve une grande roue dans laquelle nous sommes montés, on aime prendre des risques. De là, belle vue sur Nagasaki, les montagnes et le port.

12 août Visite du mémorial sur l’explosion de la bombe atomique : Nagasaki fut la deuxième ville sur laquelle les américains lancèrent une bombe atomique le 9 août 1945 à 11h02. La population de Nagasaki était estimée à 240000 personnes, 73884 furent tuées ce jour-là et 74909 furent blessées (estimation de décembre 1945). La bombe au plutonium surnommée « FatMan » mesurait 3.25 m de long, 1,52 m de diamètre et pesait 4.5 tonnes. L’énergie dégagée lors de son explosion était équivalente à 21 kilo tonnes de TNT!!! Kokura où se trouvait un grand arsenal militaire aurait du être la ville bombardée ce jour-là, mais le temps était trop mauvais, et ce fut donc Nagasaki (objectif numéro 2). Le musée, plus à taille humaine que celui d’Hiroshima, est très bien documenté avec de nombreuses archives d’époque. Comme pour Hiroshima, l’émotion est palpable. Ensuite, nous avons visité le monument des enfants pour la paix. Au Parc de la Paix où nous nous sommes rendus ensuite, se trouvent la fontaine de la paix, des statues, des sculptures sur le thème de la paix. Nous nous sommes allés également au parc du « Point Zéro » avec un monument placé à l’endroit de l’impact de la bombe. Sur les murs au bord de la rivière sont exposés de grands dessins portant sur le thème de la paix, réalisés par les enfants de différentes écoles du Japon et du monde.

Cœur réalisé avec des grues (oiseau) en origami par des enfants et exposé à l’entrée du musée de la bombe.

Nagasaki avant et après :

Pin blanc qui se trouvait à 800 m de l’hypocentre et qui a miraculeusement survécu.

Monument des enfants pour la paix

Dans le parc de la paix :

Parc du point zéro :

Retour en ville, jusqu’au port pour voir notamment un énorme paquebot aperçu hier depuis la grande roue. Il s’agit du : « Ovation of the seas » mesurant 348 m de long, 18 ponts et pouvant transporter jusqu’à 4905 passagers. On se demande si on ne va pas laisser tomber nos modes de transports utilisés jusqu’à présent pour monter sur ce bateau et faire un tour du monde « love boat la croisière s’amuse » avec le capitaine  Stubing aux manettes (pour la jeune génération, on vous invite à découvrir ce monument des séries télévisées sur internet). Non, c’est pour rire ils nous ont refusé sur le bateau avec nos gros sacs à dos.😍

La dernière visite de cette belle journée chaude et ensoleillée est pour le Megane-bashi qui est le plus vieux pont en pierre à arches multiples du Japon construit au XVIIᵉ siècle.

13 août : pour notre dernière journée à Nagasaki, nous prenons le bateau pour nous rendre jusqu’à l’île Hashima appelée aussi Gunkanjima qui signifie l’île navire de guerre, car l’île ressemble à un cuirassé . Cette petite île est située à une vingtaine de kilomètres au large de Nagasaki. Hashima était à l’origine inhabitée, mais suite à la découverte en 1810 d’un important gisement de charbon de très haute qualité, Mitsubishi fait construire, pour loger les mineurs, des logements et les infrastructures nécessaires à la communauté. La superficie de l’île double quasiment pour atteindre alors 6,3 hectares : 480 mètres de long pour 160 de large. Tout le tour de l’île est bétonné par les quais et digues nécessaires à la circulation des bateaux. En 1959, l’île compte 5.300 habitants soit plus de 84.000 habitants / km2. Le Japon étant passé du charbon au pétrole, l’activité de la mine est considérablement réduite pour être complètement arrêtée dans les années 1970. Les derniers habitants partent en 1974. Les conditions climatiques et les typhons malmènent les constructions. La mairie de Nagasaki avait interdit l’accès jusqu’en 2009 pour des raisons de sécurité.

De retour au port après environ 2 heures de balade en mer (sans être malade bravo les montagnards, de vrais loups de mer !!!) , nous partons visiter le quartier Dejima. Une politique isolationniste (sakoku) mise en place par le shogun Togugawa en 1636, bannissait tous les étrangers du Japon, à une exception près : Dejima, une île artificielle en forme d’éventail de 560 m de circonférence (15000 m²) construite dans le port de Nagasaki. Jusque dans les années 1850, ce petit comptoir néerlandais fut l’unique présence étrangère tolérée au Japon. Dix-sept bâtiments, murs et constructions de l’ancien comptoir ont été soigneusement reconstitués dans le musée de Dejima. Restaurés et rouverts en 2006, les bâtiments abritent des expositions très intéressantes sur le développement du commerce, les échanges avec la culture  occidentale. On notera que la bière a été introduite au Japon par les Hollandais et que, à l’époque, les japonnais préféraient les bouteilles et jetaient la bière. Bon, depuis ils sont revenus à de meilleurs sentiments et consomment allègrement cette boisson.

Reproduction au 1/15ème

Nous ne pouvions quitter Nagasaki sans goûter au castella : spécialité de Nagasaki. Le castella est un gâteau japonais, fait de sucre, farine, œufs, et sirop de malt. Il a été importé par les missionnaires portugais à Nagasaki au XVIᵉ siècle. Il paraît que son origine serait même castillane. Le goût est assez proche du roulé, tirant sur le gâteau de Savoie pas trop sucré.  » c’est fin ça se mange sans faim « .

Nagasaki et ses environs sont très agréables à vivre comme toutes les petites et moyennes agglomérations japonaises, le climat subtropical nous va très bien et pas besoin de doudoune pour sortir le soir.

Demain le 14 août départ pour Kyoto avec un arrêt en cours de route pour visiter le château blanc d‘Himeji, dit château du héron blanc.

On the road again et à bientôt.

 

12 réflexions sur “Tonkatsu et Sushi au Pays du Soleil Levant : suite”

  1. Salut les baroudeurs,

    Avec vous on arrête pas de rêver à ces contrées lointaines où je n’aurai jamais le plaisir d’aller, mais vous savez si bien nous faire partager vos moments de bonheur que c’est aussi de grands moments que nous vivons grâce à vous…
    A partir du 26/08 je serai en Bretagne, c’est beaucoup moins dépaysant mais ça fera du bien tout de même…
    La carte m’a fait très plaisir.
    A bientôt donc pour de nouvelles aventures certainement aussi passionnantes et je suppose différentes mais c’est ce qui fait le charme de votre périple.
    Encore merci. Bisous savoyards

    • Salut Marie. La Bretagne ça vous gagne et et le Japon c’est tout bon. On est sûr que tu vas être bien en Bretagne, profite bien et à bientôt pour nos nouvelles « aventures ». On te fait des gros bisous nippons.

  2. Fanette, arrête de manger des Hamburgers !!!!! Encore de belles photos, encore merci pour les commentaires, vous devez y passer du temps, beaucoup de temps.
    Gros bisous.

    • Hello : promis on arrête les hamburgers (lol) ! C’est vrai qu’on passe du temps pour le blog, mais c’est du plaisir.
      Bisous Nippons.

  3. Fanette trop belle ta nouvelle coiffure ;Gros bisous a tous les deux

  4. Ah la croisière s’amuse ! Avec Isaac au bar, bien sûr !!! Il doit servir de la bière, le gars !
    Cet article donne envie de goûter aux spécialités japonaises et permet de se replonger dans des moments importants de l’histoire du monde ! Il manque quand même une photo de Marie chez le coiffeur !
    Bisous les voyageurs !

  5. Trop beau !!
    Moi,mon Quentin est parti pour un an, peut être deux ou plus au Canada !
    Après Toronto c’est Montréal !

    Nous le suivons aussi

    Bisouss à tous les deux